Bobigny : le salon de beauté éphémère et solidaire fait le plein.

Grâce au « Beauty solidarité », des centaines de personnes ont pu se faire chouchouter par des élèves en CAP professionnel du lycée André-Sabatier.

Dans la salle Pablo-Neruda à Bobigny, le bruit des sèche-cheveux se mélange à de la musique RNB. Transformée en un salon de beauté gratuit le temps d’une journée, elle a accueilli ce mardi une nouvelle édition du « Beauty solidarité », événement créé en 2004 à l’initiative du Service municipal de la jeunesse (SMJ).

Nora et Mina ont le sourire aux lèvres. Autour d’un café, elles font sécher leurs ongles. « On est arrivées dès ce matin, on a fait un brushing, et cet après-midi on a profité de la manucure. C’est une journée où on oublie tout », racontent-elles. Comme elles, plus d’une centaine de personnes, un public majoritairement précaire invité par le CCAS, le centre social Le Village et d’autres associations de la ville, sont passées gratuitement entre les mains d’apprentis esthéticiennes ou coiffeurs du lycée André-Sabatier. Pour l’occasion, 80 élèves en CAP ont troqué leurs habits d’élèves pour ceux de professionnels.

En plus de la partie beauté, un espace restauration a été aménagé cette année. Depuis 9 heures, 16 étudiants en CAP APR (agent polyvalent de restauration) s’affairent entre les tables, assiettes plastiques en main. Lundi, toute la journée ils ont préparé des petites mignardises, qu’ils servent aux « clients » du jour avec un café ou un jus de fruit. « C’est important qu’ils puissent se confronter à des situations réelles et concrètes », explique Hélène Tomadini, enseignante. « Cela leur permet de dialoguer et d’instaurer des échanges avec les personnes », poursuit-elle.

Derrière sa table, Khady, en CAP esthéticienne, distille ses conseils vernis à Carmen. « C’est une super initiative, ici on peut parler et profiter d’un bon moment », sourit la retraitée. « Jamais je n’aurais pu me payer une manucure, je n’ai pas le budget pour cela », explique Souad, quelques chaises plus loin. « Surtout ça fait du bien au moral, on a des journées chargées. On peut souffler », poursuit-elle.

Un soulagement qui se voit sur les visages de tous les visiteurs. « Ils repartent avec un grand sourire », raconte Adeline, inscrite en mention complémentaire, une formation supplémentaire au CAP coiffure. « Moi ça m’a permis de découvrir des nouvelles coupes et de me former », assure-t-elle. Face au succès, un nouveau rendez-vous est déjà fixé au 20 mars 2018.

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