Collectif national Droits de l’Homme ROMEUROPE

 

 

Newsletter # 5 – Décembre 2017

À la une : le bidonville de la petite ceinture expulsé pour la 4ème fois en 3 ans 

 

Le 28 novembre 2017, le bidonville dit « de la petite ceinture », a été expulsé pour la 4ème fois en trois ans. 300 personnes y habitaient depuis plusieurs mois, certaines étant déjà familières des lieux.

Peu de temps avant la date prévue pour l’expulsion, les services de la ville et de l’Etat ont annoncé vouloir proposer aux personnes qui le souhaitent des solutions d’hébergement. Face à ce manque d’anticipation, et connaissant les conséquences dramatiques qu’ont les expulsions en termes de précarisation des personnes et de rupture des parcours d’accès aux droits, plusieurs associations ont décidé d’organiser une conférence de presse, la veille de l’expulsion.

La conférence de presse s’est tenue le 27 novembre, dans les locaux du CNDH Romeurope. Elle a permis de donner la parole à des habitant.e.s du bidonville et à plusieurs associations (Enfants du canal, Secours catholique, ACINA, Fondation Abbé Pierre).

Le lendemain, à l’arrivée des forces de l’ordre, de nombreuses personnes avaient déjà quitté les lieux. A la rue, neuf familles sont revenues près du bidonville après l’expulsion en espérant une mise à l’abri au vu des conditions climatiques extrêmes. Elles sont arrivées trop tard et n’ont pas pu faire partie de la centaine de personnes (dont une cinquantaine d’enfants) mises à l’abri dans des centres d’hébergement d’urgence et des hôtels franciliens, pour une durée inconnue. Une semaine plus tard,4 familles hébergées dans un appart-hôtel avaient été exclues car leurs enfants jouaient trop bruyamment dans le couloir. C’est donc une petite minorité qui est aujourd’hui encore hébergée.

# Pratique : que faire en cas de violences policières ? 

 

 

En 2016, près de 33% des réclamations adressées au Défenseur des droits dans le domaine de la déontologie de la sécurité portaient sur des cas de violences. La même année, l’ACAT (Action Chrétienne Abolition Torture) a publié un rapport intitulé « L’ordre et la force, enquête sur l’usage de la force par les représentants de la loi en France », dans le cadre de la campagne « Violences policières : brisons le silence ».
Le rapport de l’ACAT montre que les expulsions de bidonvilles et squats font partie des contextes dans lesquels s’exerce la force, et parfois la violence policière. Le rapport montre par ailleurs que les personnes étrangères sont particulièrement exposées à la violence policière.Lors des rencontres nationales du CNDH Romeurope qui se sont déroulées les 2 et 3 décembre derniers à Paris, un temps d’échange a été consacré sur la question des violences policières, en présence d’Aline Daillère, auteure du rapport de l’ACAT, et Romain Barnabé, juriste au sein du pôle Déontologie de la sécurité du Défenseur des droits. Ces échanges ont permis d’aborder les différentes pistes et démarches qu’il est possible d’engager suite à une violence policière.

Pour aider les membres du CNDH Romeurope et les personnes que ces derniers accompagnent au quotidien à réagir en cas de violences policières, une fiche pratique « Que faire en cas de violences policières » a été élaborée par le CNDH Romeurope.

# Politique

Le 14 décembre, la Fondation Abbé Pierre, la Voix des Rroms, la Fédération des acteurs de la solidarité et le CNDH Romeurope ont envoyé une lettre ouverte au Président de la République pourlui rappeler ses engagements de campagne et l’interpeller sur l’absence de stratégie claire de résorption des bidonvilles.

Rappelant l’inefficacité, le coût exorbitant et les conséquences dramatiques des expulsions non accompagnées de réelles solutions pour les personnes visées, les associations ont plaidé en faveur de l’adoption d’un texte encadrant l’action publique en direction des habitants de bidonvilles et squats, qui mette l’accent sur l’accompagnement social et la protection de ces personnes.

 

 # Vers l’insertion

Malgré les expulsions qui se poursuivent, l’application limitée de la trêve hivernale au bénéfice des habitant.e.s de bidonvilles, les discriminations persistantes et les refus de scolarisation répétés, des projets de stabilisation, d’insertion et d’accès aux droits s’organisent et se développent dans plusieurs communes.

Petite revue de presse (non-exhaustive) de ces projets :

A Ivry (94) : Emilien Urbach, « Immigration : à Ivry, les Roms sont les bienvenus », l’humanité.fr, 23 novembre 2017

A Lagny-sur-Seine (77) : Alexandre Métivier, « Lagny-sur-Marne : les Roms intégrés accueillis sur le terrain du pôle solidaire », le Parisien Seine et Marne, 18 décembre 2017

A Bordeaux (33) : Leila Mechaouri, « Bordeaux Métropole veut miser sur l’insertion des familles roms », France bleu Gironde, 6 novembre 2017

A Saint-Genis-les-ollieres (69) : « Saint-Genis-les-ollières : les familles Roms ont trouvé du travail », Le Progrès, 4 décembre 2017

A Roubaix (59) : Anne-Sophie Hourdeaux, « Roubaix : une chapelle restaurée en partenariat avec des salariés roms », actu.fr, 3 novembre 2017 

A Rezé (44) : Michel Tanneau, « Les 30 familles roms sont installées pour de bon », Ouest France, 8 décembre 2017

 

# Vue(s) d’ailleurs

 

 

 

 

 

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