Pantin : la maison pour jeunes migrants ne désemplit pas

Ouvert il y a plus d’un mois par Médecins sans frontières, le centre d’accueil pour jeunes migrants offre un certain nombre de services permettant d’aider ces mineurs isolés dans leurs démarches.

La rencontre se fait autour d’une partie de baby-foot. Score final : 10-0. Une humiliation en règle infligée par Ansoumane. Ce jeune migrant originaire de Guinée, arrivé récemment en France, est accueilli dans le centre d’accueil de jour pour mineurs non accompagnés, ouvert par Médecins sans frontières il y a plus d’un mois à Pantin. Ici, Ansoumane peut manger, prendre une douche, ou jouer du poignet sur le baby-foot installé dans l’une des deux salles d’activités du centre. « Quand je suis là, confie-t-il, je suis à l’aise. »

Le centre accueille les mineurs isolés. Autrement dit, de jeunes migrants, avec ou sans papiers, qui se déclarent mineurs. Ils n’ont pas de représentant légal, d’où le terme « non accompagnés », et doivent prouver leur minorité en passant par des plateformes d’évaluation. Ces dernières réalisent des entretiens d’au moins une heure et demie, dans la langue du migrant, et déterminent si, oui ou non, il est mineur.

Le centre de MSF accueille donc les personnes qui ont été déboutées de la reconnaissance de minorité, mais qui continuent d’affirmer le contraire. Des jeunes qui, de fait, se retrouvent dans un flou juridique. Ni mineurs, ni majeurs, ils sont coupés d’un certain nombre de droits élémentaires. A ces problèmes administratifs, s’ajoute un problème identitaire. Pour Caroline Douay, coordinatrice de projets Paris-Ile-de-France à MSF, « il est difficile de se reconstruire dans un pays qui vous dit : vous n’êtes pas ce que vous prétendez être ». Si, au départ, l’accueil au centre se faisait de 9 heures à 9 h 30, les équipes ont dû élargir le créneau jusqu’à 11 heures, face à l’affluence.

Un accompagnement au quotidien

Le centre réunit, en un même lieu, un certain nombre de services auxquels ces personnes auraient théoriquement droits si elles avaient été reconnues mineures. On y trouve un pôle juridique, un pôle en soins de santé mentale, un pôle vie sociale et un pôle santé. Depuis l’ouverture du centre par exemple, et grâce au pôle juridique, une Ordonnance de placement provisoire (OPP) a été décidée pour deux jeunes. « Dans ce cas précis, explique Caroline Douay, les jeunes ont été mis à l’abri par le juge des enfants pour une durée de six mois. »

Côté soins, les démarches relèvent bien souvent du parcours du combattant. Exemple concret : pour obtenir une couverture médicale, il faut une adresse fixe. Or, la plupart des jeunes accueillis au centre dorment à la rue. C’est le cas d’Ansoumane qui dit son fatalisme : « je suis sans espoir pour la suite… » Inossa, originaire du Burkina Faso, est un peu plus optimiste. Son but, dit-il, est d’« aller dans une école française pour apprendre à lire et écrire ».

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