Stains : toutes « Mignonnes » pour le casting de Maïmouna Doucouré

Les jeunes filles de Stains ont accouru au casting du prochain film de Maïmouna Doucouré, une réalisatrice sacrée l’an dernier aux César.

Sur la petite annonce il était écrit : « Recherche pour le rôle principal fille d’origine d’Afrique noire, entre 10 et 13 ans, et pour les seconds rôles des danseuses, de toutes origines, entre 11 et 16 ans professionnelles les bienvenues ».

Une cinquantaine de toutes jeunes filles ont répondu samedi au casting du premier long-métrage de Maïmouna Doucouré. La réalisatrice avait reçu l’an dernier le César du meilleur court-métrage pour « Maman ». Son premier film s’annonce tout aussi prometteur. Son scénario vient d’être récompensé au Global film maker award à Sundance (Etats-Unis).

Pour trouver les perles rares de ce nouveau projet dont le titre est pour l’instant « Mignonnes », Le Studio Théâtre de Stains avait prêté ses locaux. En temps normal, il propose des ateliers de pratiques artistiques pour les enfants et accueille des artistes en résidence. La maison pour Yamina-Setti de Stains a relayé l’information parmi les jeunes du quartier. Rien qu’au collège Pablo-Neruda, vingt-quatre élèves ont répondu présent.

Stains, theatre le Studio, samedi 10 fevrier. Casting pour le prochain filme de Maimouna Doucoure a la recherche de jeunes filles entre 10 et 11 ans d’origine africaine.

Diangou veut être actrice ou pédiatre

Sur la scène du théâtre, Tania Arana, déjà directrice de casting sur le précédent film de Maïmouna Doucouré, a installé un appareil photo posé sur pied. Elle met tout de suite les candidates à l’aise. Quelques questions sur elles, leurs rêves. Les jeunes postulantes sont tantôt émouvantes, tantôt rigolotes, rarement timides. Diangou, 12 ans, veut être actrice ou pédiatre. Avec ses fines tresses rouges, Sherine ne sait pas trop. Une autre hésite entre star et mannequin et la suivante veut habiter Hollywood. Si elles avaient une baguette magique ? Cette ado lève les yeux au ciel et regarde ses copines : « Que je plaise quand même aux garçons. Tous me traitent de grosse ». Sheryne, elle vit « au jour le jour et veut profiter de sa jeunesse », une autre désire « qu’elle et sa famille aillent au paradis ». « Pas tout de suite », rétorque la directrice de casting qui enchaîne sur une saynète où les filles doivent se mettre dans la peau de gamines qui viennent d’arriver en finale d’un concours de danse. Mais des rivales leur ont fait un sale coup et certaines se retrouvent recalées.

« Le but, c’est de faire comme si c’était vrai », indique Tania. Sherine en sweat rose ne voit pas comment elle pourrait faire semblant de se disputer avec ses copines d’école. Quelques indications suffisent et les apprentis actrices s’invectivent à qui mieux mieux. Sherine s’est complètement prise au jeu. Elle n’arrive même plus à s’arrêter. « J’ai pensé à une fille que j’aimais pas », explique-t-elle.

Stains, samedi 10 fevrier. Elodie, 11 ans, est venue avec sa maman pour son tout premier casting.

L’exercice est toujours révélateur pour la directrice de casting : « Je vois tout de suite celles qui sont à l’aise devant la caméra, qui restent naturelles. Lors de certaines séances, il arrive que personne ne nous convainque. D’autres fois, nous en avons une dizaine ». A Stains, elle en a déjà remarqué certaines.

Derrière la porte quelques mamans sont venues accompagner leur fille. « A la maison, elle fait beaucoup de petits sketchs en vidéo. Si cela lui fait plaisir, je serais heureuse qu’elle poursuive dans cette voie », raconte Emelda, maman d’Elodie.

Peut-être l’une d’entre elles marchera sur les pas de Rod Paradot, jeune acteur originaire de Stains qui avait obtenu le César du meilleur espoir masculin en 2016 dans le film d’Emmanuelle Bercot, « La Tête Haute ».

Déjà 300 candidates auditionnées pour le casting « sauvage » Les castings sauvages, c’est le meilleur moyen de trouver des pépites, surtout quand des enfants sont au générique.

Tania Arana a déja auditionné 300 jeunes candidates pour le casting de ce film. « Et cela en trois mois, c’est un record ». Elle a opté pour un casting « sauvage ». « Nous allons à la sortie des collèges, nous travaillons avec les centres socioculturels », explique cette professionnelle qui avait déjà travaillé sur le précédant court-métrage de Maïmouna Doucouré. « C’est la meilleure méthode pour dénicher la perle rare. Les agences n’ont pas toujours les profils que l’on recherche. Elles manquent de diversité et cette tranche d’âge est très compliquée ». A fortiori pour le casting de « Mignonnes » qui recherche des jeunes filles d’origine africaine. Celles-ci ne courent pas encore trop les agences.

Après le casting qui se termine en mars, un long temps de préparation est nécessaire pour ces acteurs novices. « Nous avons un gros travail en perspective. Il va falloir apprendre les chorégraphies et se lancer dans les répétitions avant d’attaquer le tournage cet été », ajoute la directrice de casting.

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