Comment on a réagi dans les lycées après les attentats

Le Parisien 

Les professeurs qui retrouvent leurs élèves après le carnage veulent avant tout les laisser parler, pour préparer ensemble ce moment. Au lycée général et technologique Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Jean-Pierre Aurières, professeur d’histoire-géographie, commence à 8 heures avec des Premières Sciences et Technologie de l’Industrie (STI).Dans sa classe, des Pakistanais, des Maliens, des Algériens… qui n’ont parfois pas encore de passeports français. Qu’importe, ils vivent sur le sol français, et à ce titre, le professeur veille à les intégrer à la communauté nationale « une et indivisible », eux qui s’en sentent si facilement exclus.L’image de la statue de la République, couverte de sang, un bras en écharpe, l’autre encore dressé, telle qu’elle a été publiée ce week-end dans les journaux, ils doivent se l’approprier.

« Je vais leur dire qu’ils sont français. »

Face à cette menace terroriste, nous sommes tous ensemble. Nous avons vécu une attaque qui nous visait tous. Et c’est tous ensemble que nous vaincront cette terreur « .

« Un islam dévoyé »

Ce week-end, il a échangé par texto avec ses élèves qui s’indignaient : « L’islam ne fait pas ça ! », lui écrivaient-ils. Lundi matin, il veut les aider à mettre des mots sur les faits. « Je vais leur dire que ces terroristes se réclament de l’islam, mais que c’est un islam dévoyé ». S’ils abordent le sujet de Daech, il compte leur dire que « Daech est un fascisme, un cancer qui ronge l’islam, qui détruit l’humanité dans chaque être humain. Ces fanatiques cherchent à diviser la jeunesse musulmane. Il ne faut pas les laisser faire ». Dans cette mise au clair, il compte aussi leur signifier que, dans l’échelle de l’horreur, « Daech est encore pire que Bachar el-Assad, le président syrien ». Et il parlera de « guerre » :

Caroline Brizard

 

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