Un ballon pour la fraternité

Ashraf est musulman, Dylan est juif et Julien est chrétien.

Ce dimanche, pour eux et 57 autres Franciliens réunis à Tremblay-en-France, le challenge était le même : être le meilleur sur un terrain de foot, pour un tournoi placé sous le thème du « vivre ensemble ».

C’est la première édition du trophée de Noorassur, tout jeune réseau de finance islamique qui compte déjà trois agences. « La finance islamique, c’est pour moi une manière éthique de faire de la finance », explique sa fondatrice Sonia Mariji, ancienne gestionnaire de patrimoine, devenue chef d’entreprise « grâce à la République ». « La finance islamique ce sont aussi des actions pour dépasser les tensions entre les cultures », ajoute-t-elle, soucieuse d’offrir une image d’ouverture.

Douze équipes en tout

Elle a pu compter sur le soutien de trois parrains de poids pour cette action : le rabbin Michel Serfaty, président de l’amitié judéo-musulmane de France (AJMF) et ancien basketteur international, M’Hammed Henniche, président de la grande mosquée de Pantin, et Jean Courtaudière, prêtre à Saint-Denis. Les réseaux sociaux et les associations ont eu vite fait de rassembler des joueurs pour constituer douze équipes.

« Avoir plusieurs communautés réunies ainsi, ça ne se voit pas souvent », admet Youssef, responsable associatif de Tremblay qui a lui aussi chaussé les crampons. L’occasion, pour Ashraf, venu de Pierrefitte, de « montrer que l’islam est compatible avec la société, car depuis les événements de 2015, beaucoup de choses négatives sont dites sur cette religion ».

Une «dream team»

Julien a voulu enfiler les gants de gardien pour une équipe juive. « Je voulais jouer avec des gens d’une religion différente », insiste ce jeune de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Pour le plus grand bonheur de Dylan, habitant des Lilas et capitaine de l’équipe de l’AJMF ce dimanche-là. Une équipe a même été composée de joueurs des trois religions, nommée « dream team ».

sport et fraternité

L’hommage à la fraternité aurait pu être encore plus fort s’il était allé au-delà des trois religions monothéistes et s’il avait associé des femmes. « Nous renouvellerons le trophée, avec d’autres sports et d’autres formes l’an prochain », promet Sonia Mariji, elle-même ancienne footballeuse. Elle ajoute dans un sourire : « C’est quand même une femme qui a eu l’idée de ce tournoi! »

Le Parisien /Carole Sterlé.

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