Portrait de Gérard Marle

Portrait de Gérard Marle

Prêtre

La Courneuve

GERARD MARLE

Quand et comment avez-vous connu l’Observatoire de la Fraternité ?

Aline Archimbaud m’en a parlé, elle m’a invité à venir ; je la connais depuis 30 ans. On s’est connus dans les circuits de la lutte contre le chômage dans les années 80 . J’ai beaucoup d’estime pour elle et son mari, car ce sont des personnes qui essayent de faire ce qu’elles disent et de dire ce qu’elles font. Je connais l’Observatoire depuis ses débuts.

 

Pour quelles raisons avez-vous décidé de faire partie des signataires ?

C’est une question qui me trotte dans la tête depuis très longtemps . J’oserai dire que c’est le fonds de commerce des religieux. Mais aussi à cause des chômeurs, car je travaille avec des chômeurs et je pense qu’il y a dans le monde de la précarité et du chômage un immense besoin de fraternité, de dignité, d’un regard valorisant.  C’est quelque chose, de plus, qui touche les individus ; nous ne sommes plus dans les grandes stratégies politico-associatives. La République affiche sur son fronton le désir de Fraternité, qu’elle n’assume guère. Ils défendent la liberté, l’égalité pas trop et la fraternité pas vraiment. Et pourtant, c’est l’une des plus grandes valeurs. La fraternité rejoint ce combat que l’on trouve chez les plus démunis, les plus délaissés et les plus méprisés. Il y a aussi un aspect spirituel, c’est toi qui décides dans ton cœur de devenir frère de l’autre. J’ai vécu dans des quartiers populaires et, dans ce genre d’endroits, si on n’est pas fraternel, on devient méchant. Il faut une fraternité des gens qui se sont battus, qui ont gagnés, qui ont perdu, des violentés, des pauvres… La fraternité passe par la reconnaissance de tout cela aussi. La France est laïque, elle n’est pas fraternelle. La Fraternité doit être proposée à chacun. Dans les quartiers et dans le monde du chômage, il y a une fraternité qui se vit, mais qui ne se dit pas. C’est un devoir pour l’Observatoire de mettre en évidence cette fraternité qui ne se dit pas mais qui existe.

 

Qu’est-ce que ce réseau représente pour vous ?

Il a une chance de montrer aux gens la qualité, la force et la densité de la vie des gens de la Seine-Saint-Denis à travers un regard fraternel.

 

Vous sentez-vous personnellement concerné par la question de la fraternité en Seine-Saint-Denis ?

Oui, les gens vivent une fraternité réelle. Il faut rappeler aux gens qu’ils ont de la dignité et qu’ils sont fraternels. Il y a beaucoup de fraternité, de courage et de soutien, mais ils ne sont pas dits. Même dans un monde de violence, il y a de la fraternité.

 

Quelles sont vos valeurs et les causes que vous défendez ?

Je défends cette valeur de la Fraternité et la cause des chômeurs. Ce que je vise à travers mon travail, c’est qu’on essaye de vivre la fraternité dans ma paroisse. Je travaille avec des gens qui aux yeux de la société ne sont pas fiables. Je leur donne des responsabilités, je les écoute et je prends des décisions avec eux pour la paroisse. La fraternité, c’est aussi faire confiance aux autres.


Pour vous, ce sujet est-il assez abordé dans le milieu politique et médiatique ?

Il y a beaucoup de Fraternité dans le 93, mais ce n’est pas l’image qu’on rend ; il y a une inadéquation entre l’image qu’on donne du 93 et la réalité. On note de temps en temps des initiatives fraternelles, mais elles sont pas rentrées dans les mentalités. Les médias sont un spectacle qui met en scène une opposition souvent binaires : les riches contre les pauvres, la banlieue contre la banlieue, les chômeurs contre les actifs…  Mais c’est aux personnes de changer leurs idées reçues sur certaines choses.

 

Pensez-vous que votre statut politique est un plus ou un frein pour l’Observatoire ?

Pour être fraternel faut faire appel à tous les courants spirituels, mais qui ne sont pas forcément religieux. Dans l’Observatoire, nous sommes tous différents mais il y a une volonté d’être fraternel les uns avec les autres.

 

Avez vous déjà participé à des événements organisés par l’Observatoire de la Fraternité ?

Oui pratiquement à tous, quand je peux.

 

Qu’en avez-vous pensé ?

On a fait un bon boulot, celui de création d’événements sur des sujets réels comme celui avec Jacques Toubon ou sur la déradicalisation.

 

Avez-vous des idées d’actions, d’interventions ou de débats dont vous souhaiteriez nous faire part ?

Il faudrait mettre en évidence la fraternité déjà vécue par tous. C’est un observatoire, il faut montrer que les gens la vivent. Montrer aux gens qu’ils sont fraternels à travers leurs actions quotidiennes.

 

 

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