Portrait de Marie Clémentine Bendo

Portrait de Marie Clémentine Bendo

Directrice de l’association des femmes médiatrices

Pantin

 

Quand et comment avez-vous connu l’Observatoire de la Fraternité ?

Aline nous a sollicité et nous voulons nous aussi créer un groupe de parole. Pouvant parler des événements de novembre. On n’a constaté que le regard n’été plus le même sur la population maghrébine. On s’est donc demandé comment nous allions faire pour remédier à tout ça. Donc quand Aline nous a fait part de ce projet on a trouvé ça très bien. Car il y avait beaucoup de haine entre les gens. Je fais partie des signataires dès la création.

 

Pour quelles raisons avez-vous décidé de faire partie des signataires ?

J’avais déjà cette envie de rassembler les gens autour de la Fraternité. Et le fait que nous luttons contre les discriminations c’est ce qui nous a permis de s’intégrer dans l’Observatoire. Les gens mettent des discriminations là où il y en a pas, chacun et libre de penser et d’avoir la religion qu’il veut. Je suis totalement contre le jugement.

 

Qu’est ce que ce réseau représente-t-il pour vous ?

C’est un mouvement qui me tient fortement à cœur. C’est une plateforme où on peut exprimer tout ce qu’on ressent et dire tout ce qu’on veut dire. La fraternité pour moi ce sont des frères, des personnes qui doivent marcher ensemble. Mais est ce encore le cas en France je ne pense pas. Chacun est toujours dans son coin et il y a toujours de l’isolement. Il faut que nous soyons ensemble, que nous avancions ensemble et que nous luttions pour mener des choses à bien. Pour moi c’est ce que représente ce mouvement.

 

Depuis que vous connaissez l’observatoire de la fraternité, avez-vous une nouvelle vision du concept du vivre

Le vivre ensemble est une chose qu’on travaille depuis pas mal d’années déjà. Via plusieurs actions comme des ateliers, des repas partagés, des rencontres… Cela permets aux gens de mieux vivre ensemble et d’entrer en cohésion. Le mieux vivre ensemble doit se développer dans tous les quartiers.

 

Vous sentez-vous personnellement concerné par la question de la fraternité en Seine-Saint-Denis ?

Oui et non le fait que je sois du 93 je me sens toujours concernée. Si tout le monde ne mets pas du sien on ne pourra pas avancer dans cette optique de fraternité, chacun doit apporter ce qu’il peut. Nous sommes tous concernés par cette question. Mais, en dehors des associations certaines personnes ne s’investissent pas dans la vie de leur quartier.

Pensez-vous que ce sujet est assez abordé dans le milieu politique et médiatique ?

Les médias parlent des quartiers populaires que lorsqu’il s’y passe des choses négatives, ils n’en parlent pas assez quand il y a des choses positives. Les seules choses qui les intéressent c’est quand on casse une voiture ou qu’on brûle des voitures. On les appelé un jour pour les invités à un de nos événements qui était la fête de la réussite scolaire, mais ils ne sont pas venues. Lors des émeutes de 2005, ils sont venus dans notre quartier, les courtilières ils étaient comme déçus car aux courtilières il n’y a eu aucuns dérapages et aucunes voitures brûlées. Les médias ne parlent pas assez de la fraternité qui existe dans nos quartiers. Pour moi dès lors qu’on est différent ou d’une autre couleur cela créer une tension, les gens sont de plus en plus racistes et intolérants.

Quelles sont vos valeurs et les causes que vous défendez ?

Je défends la liberté et la fraternité et l’égalité. C’est pas facile, car il faut faire évoluer les meures aujourd’hui les gens pensent qu’un logement et un emploi suffisent. Mais il faut faire la politique dans son propre quartier sa propre ville, il faut s’engager et s’émanciper. Savoir ce qu’on peut apporter même le minimum.

 

Pouvez-vous en dire plus sur votre association ?

Elle a été créé en 1988 suite à une discussion que j’ai eu avec la directrice de l’école maternelle que ma fille fréquentée. La directrice se plaignait de la négligence des parents sur leur enfant, il fallait donc faire quelque chose. Ont a commencé par des ateliers liés à la parentalités avec la CAF, la PMI, des écoles et des collège. Nous faisons connaître auprès des femmes les institutions comme la Caf ou la PMI afin de créer une interface entre les familles et les institutions. On travaille avec elles sur les valeurs de la République. On cherche à rompre l’isolement et à développer l’émancipation et le épanouissement de chacun dans une optique de mieux vivre ensemble et de tisser du lien social.

 

Avez-vous déjà participé à un/des événements organisé(s) par l’Observatoire de la Fraternité ?

Oui à plusieurs événements comme aux débats, aux réunions et aux banquets.

 

Qu’en avez-vous pensé ?

Ce sont des événements très positifs il faut essayer d’en faire davantage. Plus de débats et de tables rondes.

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